
Faire venir ses parents ou un proche : ce qui est possible
Parents exclus du regroupement familial, visite familiale, limites du visa touristique et règles à ne pas confondre.
Vérifié le sur les textes et les sites officiels. Information générale, pas un conseil juridique.
Faire venir sa mère, son père ou un autre proche en France est une question familiale importante, mais le mot « regroupement familial » est souvent employé pour des situations qu’il ne couvre pas. En droit commun, cette procédure permet à un étranger résidant régulièrement en France d’être rejoint par son conjoint et, selon les cas, par ses enfants mineurs. Elle ne permet pas de faire venir durablement ses parents, ses grands-parents, ses frères, ses sœurs ou d’autres proches. Avant de chercher un formulaire, il faut donc distinguer le projet réel : une visite limitée dans le temps, une installation durable, ou une situation relevant d’un autre régime familial.
Le regroupement familial permet-il de faire venir ses parents ?
Non. Les ascendants, c’est-à-dire notamment la mère, le père et les grands-parents, sont exclus du regroupement familial de droit commun. Une demande de regroupement familial ne peut donc pas être utilisée pour faire venir uniquement un parent resté à l’étranger. Le cas des parents d’un réfugié relève d’un autre régime, présenté dans la page sur la réunification familiale des réfugiés.
Cette exclusion ne change pas selon l’âge du parent, son isolement, les aides financières que lui verse son enfant vivant en France ou le souhait de l’héberger. Ces éléments peuvent être essentiels dans la situation familiale concrète, mais ils ne font pas du parent un bénéficiaire du regroupement familial.
Les personnes qui peuvent relever de cette procédure sont notamment :
- le conjoint, s’il est âgé d’au moins 18 ans ;
- les enfants mineurs du couple ;
- dans certaines situations, les enfants mineurs d’un seul des deux membres du couple ;
- certains enfants mineurs confiés par une décision d’une juridiction étrangère, sous réserve notamment des documents requis et de l’autorisation de l’autre parent.
L’âge du conjoint et des enfants est apprécié à la date du dépôt de la demande. Les règles de base sont présentées dans le guide sur la procédure de regroupement familial de A à Z.
La conséquence pratique est simple : une personne qui souhaite faire venir sa mère ou son père ne doit pas constituer un dossier de regroupement familial en pensant que des ressources suffisantes ou un logement assez grand compenseront l’exclusion des ascendants. Ces conditions sont examinées pour les bénéficiaires admis, mais elles ne modifient pas la liste des personnes pouvant être regroupées.
Qui peut demander le regroupement familial pour son conjoint ou ses enfants ?
Le regroupement familial de droit commun concerne un étranger résidant régulièrement en France. Il doit notamment séjourner régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d’un titre d’une durée de validité d’au moins un an.
La demande peut viser le conjoint majeur et les enfants mineurs du couple. Elle peut aussi concerner des enfants mineurs d’un seul des deux parents lorsque la filiation n’est établie qu’à l’égard de l’un d’eux, ou lorsque l’autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. Les enfants mineurs confiés à l’un des membres du couple par une décision étrangère relative à l’autorité parentale peuvent aussi relever de règles particulières, avec copie de la décision et autorisation de l’autre parent de laisser l’enfant venir en France.
Le principe est celui d’un regroupement pour l’ensemble des membres de la famille concernés. Un regroupement partiel peut toutefois être autorisé pour des motifs tenant à l’intérêt des enfants. Lorsque plusieurs enfants n’ont pas la même situation parentale, il faut examiner les pièces avec attention.
Les ressources et le logement sont ensuite examinés pour une demande qui concerne bien un conjoint ou un enfant bénéficiaire. Les ressources sont appréciées sur douze mois, par référence à la moyenne mensuelle du SMIC sur cette période. Le logement doit répondre aux exigences de surface, de salubrité et d’équipement applicables. Ces éléments sont détaillés dans nos pages sur les conditions de ressources et de logement et sur la surface du logement selon la zone.
Comment faire venir sa mère restée à l’étranger, et où trouver le formulaire ?
Cette question avait été posée sur l’ancien forum en 2010. Il n’existe pas de formulaire de regroupement familial adapté à une demande concernant une mère ou un père, puisque les parents ne sont pas bénéficiaires de cette procédure.
La première étape consiste à préciser le projet. Si le parent souhaite rendre visite à sa famille pour une période temporaire, il faut examiner une demande de visa correspondant à une visite familiale ou privée auprès du consulat compétent. Le projet présenté doit être cohérent avec un séjour temporaire.
Si, à l’inverse, la personne cherche le formulaire pour faire venir un conjoint ou un enfant mineur qui relève effectivement du regroupement familial, la demande est déposée auprès de l’OFII. Deux modes de transmission sont prévus : le service en ligne « Demande de regroupement familial » ou l’envoi postal en recommandé avec accusé de réception à l’OFII. Il faut choisir l’un ou l’autre.
La préfecture n’est pas le lieu où déposer ce dossier. Elle est immédiatement informée du dépôt, puis elle statue sur la demande après son instruction. L’OFII délivre une attestation de dépôt sans délai lorsque le dossier est déposé. Cette attestation fait courir le délai d’instruction applicable à partir du dépôt du dossier complet.
Le formulaire de regroupement familial est un imprimé ministériel comportant notamment l’engagement de laisser visiter le logement. Pour un dossier relevant réellement de cette procédure, les pièces et les étapes sont expliquées dans le guide sur le dépôt, les pièces et l’instruction du dossier.

| Projet envisagé | Voie à examiner | Personnes concernées |
|---|---|---|
| Installation du conjoint ou d’enfants mineurs | Regroupement familial | Conjoint majeur et certains enfants mineurs |
| Visite temporaire d’une mère ou d’un père | Visa pour visite familiale ou séjour privé | Parent venant temporairement |
| Famille d’un Français | Régime propre à la famille de Français | Situation distincte du regroupement familial |
| Famille d’un réfugié ou d’un bénéficiaire de la protection subsidiaire | Réunification familiale | Régime distinct avec ses propres bénéficiaires |
| Famille d’un citoyen de l’Union européenne | Règles propres à la famille de citoyen de l’Union européenne | Situation distincte du regroupement familial |
Les actes d’état civil doivent également être préparés avec soin lorsqu’une démarche familiale le demande. Les autorités peuvent vérifier l’authenticité d’un acte étranger. Des différences de nom, des informations contradictoires ou des documents insuffisants peuvent compliquer la suite. Pour les dossiers de regroupement familial, voir les pièces d’état civil étranger et les erreurs qui bloquent un dossier.
Le visa de visite familiale peut-il permettre une venue temporaire ?
Oui, une visite familiale peut correspondre à une venue temporaire réelle. Un parent peut souhaiter voir ses enfants, ses petits-enfants ou d’autres membres de sa famille, puis repartir dans son pays de résidence. Dans ce cas, la demande doit être présentée comme une demande de séjour temporaire, avec un motif cohérent.
Le consulat examine la demande de visa selon ses propres critères, à vérifier auprès du poste consulaire compétent. Un refus de regroupement familial relève d’une autre logique, présentée dans la page sur les recours après un refus de regroupement familial.
Pour connaître les documents demandés dans une situation précise, il convient de vérifier les consignes auprès du consulat ou de l’ambassade compétente. Les démarches de visa peuvent aussi être consultées sur la fiche officielle relative au regroupement familial, en gardant à l’esprit qu’une visite familiale et un regroupement familial sont deux démarches distinctes.
Ce qu’un visa touristique ne permet pas
L’expression « visa touristique » peut désigner un visa demandé pour du tourisme, une visite privée ou une visite familiale. Quelle que soit l’appellation courante, un visa de court séjour correspond à un projet temporaire. Il ne doit pas être utilisé comme un moyen de faire entrer un proche avec l’intention de l’installer durablement en France.
Un visa de court séjour ne remplace pas la procédure de regroupement familial. Il ne transforme pas automatiquement une présence en France en droit au séjour de longue durée. Il ne remplace pas non plus le visa de long séjour demandé après l’accord d’un regroupement familial pour les membres de famille qui y sont admis.
Cette distinction est particulièrement importante pour les parents. Puisqu’une mère ou un père ne peut pas être inclus dans le regroupement familial de droit commun, un visa de visite ne doit pas être présenté comme une solution indirecte d’installation durable. La demande doit correspondre au séjour réellement prévu.
Pour le conjoint ou l’enfant mineur qui relève du regroupement familial, la logique est différente : l’autorisation de regroupement est instruite, puis, en cas d’accord, le membre de famille demande le visa de long séjour auprès du consulat. Le déroulement de cette phase est détaillé dans le visa long séjour après l’accord préfectoral.
Un visa touristique de six mois permet-il de faire patienter son conjoint en France ?
Cette question avait été posée sur l’ancien forum en 2016. Un visa de court séjour ne doit pas être considéré comme une période d’attente en France pendant l’instruction d’une demande de regroupement familial. Pour les ressortissants algériens, dont le régime est spécifique, voir la page dédiée aux ressortissants algériens et à l’accord de 1968.
Pour un conjoint qui relève du regroupement familial, le parcours suit des étapes distinctes :
- la demande est déposée auprès de l’OFII ;
- la situation du demandeur, notamment les ressources et le logement, est instruite ;
- le préfet prend une décision ;
- en cas d’accord, le conjoint demande un visa de long séjour auprès du consulat ;
- l’arrivée en France intervient avec le visa délivré.
Le préfet statue sur la demande de regroupement familial dans un délai de six mois à compter du dépôt d’un dossier complet. L’absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande. Ce délai légal ne signifie pas qu’il soit prudent ou possible d’organiser une présence durable du conjoint en France sous couvert d’une visite temporaire.
Deux projets ne doivent pas être mélangés : d’une part, une visite temporaire qui doit rester temporaire ; d’autre part, une installation au titre du regroupement familial, qui suppose de suivre la procédure et le visa de long séjour applicables. Une demande de visite présentée comme temporaire ne doit pas masquer une installation prévue dès le départ.
Le fait que le conjoint soit déjà présent en France ne rend pas automatiquement le regroupement familial possible « sur place ». Ce mécanisme concerne le conjoint et les enfants de moins de 18 ans qui résident déjà en France, dans des conditions précises. Selon les informations officielles, il suppose notamment un mariage célébré en France. Il ne faut pas le présumer : le dossier sur la famille déjà en France et le regroupement « sur place » présente cette situation à part.
Après la délivrance d’un visa de long séjour au titre du regroupement familial, l’entrée de la famille doit intervenir dans les trois mois. À l’arrivée, le conjoint doit accomplir les démarches prévues pour son visa. Les premières formalités sont expliquées dans les premiers mois en France après l’arrivée.

Peut-on demander un visa de visite familiale pour un enfant après un refus ?
Cette question avait été posée sur l’ancien forum en 2017. Une décision de refus du regroupement familial et une demande de visa de visite familiale sont deux démarches différentes. Un refus de regroupement familial ne signifie pas automatiquement qu’un visa de visite sera accordé, mais il n’empêche pas non plus, par lui-même, l’examen d’une demande de visite temporaire.
L’essentiel est de ne pas présenter un visa de visite comme un remplacement déguisé d’une installation durable qui a été refusée. Si l’enfant doit venir pour une période limitée, la demande doit correspondre à cette réalité. Si le projet reste une installation durable, il faut d’abord comprendre le motif du refus du regroupement familial et examiner les suites adaptées.
Un refus de regroupement peut être lié à la situation familiale, aux ressources, au logement, aux pièces produites ou à la situation de l’enfant. Il convient de conserver la notification reçue et de lire précisément le motif retenu. Pour une décision de regroupement familial, un recours administratif peut être formé auprès du préfet et/ou du ministre de l’intérieur. Un recours contentieux peut aussi être exercé devant le tribunal administratif compétent.
Lorsqu’un refus porte sur un visa de long séjour après un accord de regroupement familial, la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France doit être saisie avant tout recours contentieux. Le recours administratif doit être formé dans les trente jours suivant la notification du refus de visa. Cette règle concerne les refus de visa de long séjour : elle ne permet pas de déduire la même procédure pour toutes les demandes de visite familiale.
Ne pas confondre les autres régimes familiaux
Le fait qu’un parent soit exclu du regroupement familial de droit commun ne signifie pas que toutes les situations familiales sont identiques. Certains régimes sont distincts et doivent être examinés séparément, sans transposer les règles de l’un à l’autre.
Le conjoint d’un Français ne relève pas du regroupement familial de droit commun. Il existe une voie propre, notamment liée à la communauté de vie, au maintien de la nationalité française du conjoint et, lorsque le mariage a été célébré à l’étranger, à sa transcription préalable sur les registres de l’état civil français. Les conditions de durée de séjour, de ressources et de logement du regroupement familial de droit commun ne doivent pas être appliquées automatiquement à cette situation.
La réunification familiale concerne les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire. Elle n’est pas soumise aux conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement prévues pour le regroupement familial. Un réfugié mineur non marié peut notamment être rejoint par ses ascendants directs au premier degré. Cette situation est différente de celle d’un résident majeur qui souhaite faire venir sa mère ou son père.
Les ressortissants algériens relèvent d’un régime spécifique lié à l’accord franco-algérien. Certaines règles diffèrent du droit commun, notamment pour la durée de résidence et le titre délivré.
Les familles de citoyens de l’Union européenne relèvent également de règles propres. Pour les parents d’un Français, les familles de citoyens de l’Union européenne et les autres hypothèses familiales, il faut consulter les autres voies familiales et vérifier la situation concrète auprès de la préfecture.
Les fausses pistes à éviter
La première erreur consiste à déposer une demande de regroupement familial pour une mère ou un père, en espérant que la dépendance financière, l’âge, la maladie ou l’isolement du parent suffiront à ouvrir la procédure. Le regroupement familial de droit commun ne vise pas les ascendants.
La deuxième erreur est de chercher le mauvais formulaire. Pour la visite temporaire d’un parent, le sujet est celui d’une demande de visa adaptée à ce projet, non d’un formulaire de regroupement familial auprès de l’OFII. À l’inverse, pour un conjoint ou un enfant mineur bénéficiaire, il ne faut pas remplacer le regroupement familial par une demande de visite.
La troisième erreur consiste à confondre un visa de court séjour et un droit durable au séjour. Le visa permet le séjour dans les conditions délivrées et ne vaut pas, à lui seul, autorisation de s’installer durablement.
La quatrième erreur est d’organiser une venue touristique dans l’idée que la personne restera jusqu’à l’aboutissement d’une autre démarche. Cette stratégie mélange les finalités du court séjour et de l’installation durable. Elle est particulièrement inadaptée lorsque le projet réel concerne le conjoint ou l’enfant qui doit suivre le parcours du regroupement familial.
La cinquième erreur est de traiter un refus comme une simple formalité à contourner. Lorsqu’une décision défavorable est reçue, il faut identifier s’il s’agit d’un refus de regroupement familial ou d’un refus de visa, conserver la notification et vérifier rapidement la voie de recours adaptée. En l’absence de réponse à une demande de regroupement familial dans le délai prévu, voir aussi le silence de l’administration et le refus implicite.
Ce texte est une information générale vérifiée le 2026-11-02. Il ne remplace pas un conseil juridique. En cas de blocage, la personne peut s’adresser à un point-justice ou à une association d’aide aux étrangers de sa ville.
Questions fréquentes
Puis-je faire venir ma mère par regroupement familial ?
Non. Les ascendants, dont les parents, sont exclus du regroupement familial de droit commun. Cette procédure concerne le conjoint majeur et certains enfants mineurs du demandeur.
Où déposer une demande de regroupement familial ?
La demande se dépose auprès de l'OFII, par le service en ligne prévu ou par courrier recommandé avec accusé de réception. La préfecture est informée et statue sur la demande, mais elle n'est pas le lieu de dépôt.
Un visa touristique permet-il de rester en France pendant une procédure ?
Non. Un visa de court séjour correspond à une visite temporaire et ne remplace pas le visa de long séjour prévu après l'accord d'un regroupement familial. Il ne doit pas servir à installer un proche pendant l'instruction.
Peut-on demander un visa de visite familiale pour un enfant après un refus de regroupement ?
Oui, une demande de visa de visite est distincte d'une demande de regroupement familial, mais elle doit correspondre à un projet réellement temporaire. Elle ne transforme pas un refus de regroupement en autorisation de séjour durable.
Les parents d'un réfugié peuvent-ils venir au titre de la réunification familiale ?
La réunification familiale est un régime différent. Un réfugié mineur non marié peut être rejoint par ses ascendants directs au premier degré. Pour les autres situations, les bénéficiaires doivent être vérifiés selon les règles propres à cette procédure.