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Regroupement familial
Une mère, un bras autour de sa fille, tient avec elle la photo encadrée d'un garçon plus âgé, sur un banc de parc en automne

Enfant d'une première union et regroupement partiel

Règles pour faire venir l'enfant d'une première union et demander un regroupement familial partiel, avec garde et autorisation.

Vérifié le sur les textes et les sites officiels. Information générale, pas un conseil juridique.

  1. Dépôt (étape traitée sur cette page)Le dossier est déposé et reçu.
  2. 2Instruction et OFIIRessources, logement, visite.
  3. 3DécisionAccord ou refus du préfet.
  4. 4VisaLe visa long séjour au consulat.
  5. 5ArrivéeTitre de séjour et premiers mois.

Un enfant né d’une première union n’est pas automatiquement exclu du regroupement familial. Mais sa situation doit être examinée séparément de celle du conjoint ou des enfants communs : filiation, autorité parentale, décision de garde étrangère et position de l’autre parent peuvent devenir déterminantes. La même vigilance est nécessaire lorsque la famille ne rejoint pas la France en une seule fois. Le regroupement familial repose en principe sur une demande pour l’ensemble des personnes concernées, mais un regroupement partiel peut être autorisé lorsque l’intérêt des enfants le justifie.

Le présent article concerne le regroupement familial de droit commun pour l’étranger résidant régulièrement en France. Il ne faut pas le confondre avec les règles applicables au conjoint de Français, à la réunification familiale des réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire, à la famille d’un citoyen de l’Union européenne ou au régime des ressortissants algériens. Ces voies sont présentées dans notre guide des autres voies familiales.

Quels enfants peuvent être concernés ?

Le regroupement familial peut concerner le conjoint majeur du demandeur et les enfants mineurs. L’enfant doit avoir moins de 18 ans, et son âge est apprécié à la date du dépôt de la demande. Cette date compte particulièrement lorsqu’un enfant approche de sa majorité : une demande déposée après ses 18 ans ne relève plus des règles ordinaires exposées ici.

Les enfants communs du couple font partie des bénéficiaires prévus par les règles générales. Les enfants issus d’une précédente union peuvent aussi être concernés, mais leur venue dépend de leur situation familiale et juridique. Si l’autre parent est vivant, n’est pas déchu de ses droits parentaux et qu’aucune décision étrangère ne confie l’enfant au demandeur ou à son conjoint, le regroupement n’est en principe pas ouvert pour cet enfant. Il ne suffit donc pas d’indiquer qu’il s’agit de l’enfant du demandeur ou de son conjoint.

Le tableau suivant résume les principales situations prévues.

Situation de l’enfant mineur Éléments à établir
Enfant du couple La filiation et les autres conditions de la procédure
Enfant d’un seul membre du couple, filiation établie seulement envers ce parent La filiation légalement établie
Enfant dont l’autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux La filiation et le document établissant le décès ou la déchéance
Enfant confié à un parent par une décision d’une juridiction étrangère La copie de la décision étrangère et l’autorisation de l’autre parent de laisser l’enfant venir en France

Les actes d’état civil étrangers peuvent être vérifiés. Ils font foi sauf si des éléments permettent d’établir qu’ils sont irréguliers, falsifiés ou ne correspondent pas à la réalité. Il est donc utile de contrôler dès le départ la cohérence des noms, dates et liens de filiation figurant dans les documents. La page sur les pièces d’état civil et les erreurs qui bloquent un dossier détaille les difficultés les plus fréquentes.

Enfant d’une première union : quelle place pour l’autre parent ?

Lorsqu’un enfant vit à l’étranger avec l’autre parent, ou lorsque les deux parents disposent encore de droits parentaux, la question ne se limite pas au souhait du parent installé en France. Les règles prévoient un cadre précis pour les enfants confiés à l’un des parents par une décision d’une juridiction étrangère.

Dans cette hypothèse, deux éléments sont attendus : la copie de la décision étrangère qui confie l’enfant au parent concerné dans le cadre de l’exercice de l’autorité parentale, et l’autorisation de l’autre parent de laisser le mineur venir en France. Une résidence de fait chez un parent, sans document établissant clairement la situation, peut ne pas suffire.

Lorsque l’autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux, l’autorisation de sa part n’a pas à être produite. En revanche, la situation doit être justifiée par les documents correspondants. De même, si la filiation n’est établie qu’à l’égard du demandeur ou de son conjoint, cette situation doit être démontrée par l’état civil.

Dans la pratique, un dossier peut être fragilisé si la décision étrangère ne permet pas de comprendre clairement qui exerce l’autorité parentale, ou si l’autorisation de départ ne correspond pas aux autres pièces produites. Avant le dépôt, il est préférable de classer les documents enfant par enfant :

  • acte établissant la filiation ;
  • décision de garde ou d’autorité parentale lorsqu’elle existe ;
  • autorisation de l’autre parent lorsque cette autorisation est requise ;
  • document établissant le décès ou la déchéance des droits parentaux, le cas échéant ;
  • documents cohérents avec l’identité indiquée dans le dossier.

Le dépôt de la demande s’effectue auprès de l’OFII, en ligne ou par courrier recommandé avec accusé de réception. Il ne s’effectue pas à la préfecture, même si le préfet est ensuite informé et statue sur la demande. Pour organiser les pièces et comprendre le déroulement, voir notre page sur le dépôt et le dossier de regroupement familial.

Un père écrit à son bureau, à côté de la photo encadrée de trois enfants
Quand une famille est séparée par la procédure, chaque décision se pèse en pensant aux enfants.

Le regroupement partiel est-il possible ?

Le principe est que le regroupement familial est demandé pour l’ensemble des personnes concernées. La loi prévoit toutefois qu’un regroupement partiel peut être autorisé pour des motifs tenant à l’intérêt des enfants.

Cette possibilité ne signifie pas qu’un parent peut choisir librement, sans explication, de faire venir un seul enfant alors que d’autres enfants restent à l’étranger. La demande doit exposer les motifs du regroupement partiel. Les règles mentionnent notamment la santé, la scolarité et le logement.

Une demande peut ainsi concerner un seul enfant, mais elle doit faire apparaître une situation cohérente : qui rejoint le demandeur en France, qui reste à l’étranger, et pourquoi la famille arrive en plusieurs temps. Les éléments relatifs à la garde et à l’autorisation de l’autre parent restent nécessaires pour l’enfant d’une première union, même lorsque le regroupement est partiel. Les règles et les dispenses concernant les ressources sont détaillées dans notre page sur les ressources pour le regroupement familial.

Le logement est aussi apprécié selon la composition familiale prise en compte pour la demande. Un refus peut intervenir lorsque les conditions de logement ne sont pas regardées comme remplies. Les surfaces minimales dépendent de la zone et du nombre de personnes. Les règles de calcul sont expliquées dans notre article sur la surface du logement.

Peut-on faire venir une fille, puis sa sœur plus tard ?

Une famille peut arriver en plusieurs temps. Toutefois, une première autorisation ne donne pas automatiquement un droit général pour tous les membres de la famille qui n’étaient pas concernés par elle. Chaque personne doit être couverte par une demande, une décision et un visa correspondant à sa situation.

Ainsi, faire venir une fille d’abord puis demander plus tard la venue de sa sœur suppose d’examiner la situation de chacune. Pour chaque enfant, il faut notamment vérifier :

  1. qu’il est encore mineur à la date de dépôt de la demande qui le concerne ;
  2. que sa filiation est établie ;
  3. que les règles de garde, d’autorité parentale ou d’autorisation de l’autre parent sont respectées ;
  4. que les motifs du regroupement partiel sont exposés lorsque tous les enfants ne viennent pas ensemble ;
  5. que les conditions générales du dossier restent satisfaites.

La difficulté est souvent plus importante lorsque l’enfant resté à l’étranger approche de 18 ans. L’âge est apprécié au dépôt, non à l’arrivée ni à la décision. Il faut donc distinguer la date à laquelle le dossier complet est déposé, la date de décision et les formalités de visa. Notre article sur les dates importantes pour l’enfant proche de 18 ans aide à repérer les échéances.

Après une décision favorable, les personnes concernées doivent demander le visa de long séjour adapté. L’entrée en France doit intervenir dans les trois mois suivant la délivrance du visa. L’autorisation obtenue pour un premier enfant ne remplace pas les démarches nécessaires pour un second enfant qui n’était pas inclus dans cette autorisation. Consultez notre guide sur le visa long séjour après l’accord pour cette étape.

Que faire si l’autre parent bloque le départ ?

Le refus de l’autre parent peut empêcher de réunir les éléments attendus pour l’enfant confié par une décision étrangère. Le regroupement familial ne permet pas, à lui seul, de remplacer une décision sur l’autorité parentale ou la garde rendue dans le pays concerné.

Si la situation familiale évolue, par exemple parce que l’autre parent acceptait auparavant de ne pas laisser partir l’enfant puis ne s’y oppose plus, les documents à fournir doivent être actualisés. Si un jugement de garde ou une autorisation est nécessaire, il convient de vérifier auprès de la préfecture et des autorités compétentes dans le pays concerné les documents attendus dans la situation précise.

Le cas d’une personne devenue française appelle une autre prudence. Le regroupement familial est la procédure applicable à la famille d’un étranger résidant en France. Une fois la nationalité française acquise, il ne faut pas supposer que le même dossier ou les mêmes règles continuent de s’appliquer. La voie adaptée dépend notamment du lien entre le parent français et l’enfant. La situation est à vérifier auprès de la préfecture.

Un logement refusé alors que l’enfant approche de 18 ans

Lorsqu’un refus est motivé par le logement, la proximité des 18 ans de l’enfant rend la situation particulièrement sensible. L’âge de l’enfant est apprécié à la date de dépôt de la demande. Cela ne dispense pas de répondre au motif de refus, ni de respecter les voies et délais de recours applicables.

Les conditions de logement portent sur la surface, mais aussi sur la salubrité et l’équipement du logement. Le contrôle peut être effectué par le maire et ses agents habilités, ou par l’OFII à la demande du maire. La visite du logement suppose une autorisation écrite donnée lors du dépôt. En cas de refus de l’occupant, les conditions de logement sont réputées non remplies.

Deux enfants jouent avec des cubes sur un tapis de salon pendant que leur mère les regarde en souriant
Vivre ensemble au quotidien reste l'objectif de la démarche, même quand elle se fait en plusieurs étapes.

Après un refus, les possibilités comprennent un recours administratif devant le préfet et/ou le ministre de l’intérieur, ainsi qu’un recours devant le tribunal administratif compétent. Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Lorsqu’il s’agit d’un silence de l’administration qui vaut rejet, ce délai court à compter de la naissance de ce rejet implicite. Une nouvelle demande après un refus pour logement bénéficie, dans les six mois suivant la notification, d’une dispense de certaines pièces.

La stratégie adaptée dépend toutefois de la décision reçue, de sa date, de son motif exact et de la situation de l’enfant. Les explications générales de notre page sur les motifs de refus et les recours contre un refus peuvent aider à identifier les démarches à vérifier.

Maladie, allocation en cours et demande pour un seul enfant

Une maladie invalidante ou une demande d’allocation en cours ne crée pas, à elle seule, un droit automatique au regroupement familial partiel. Le regroupement partiel peut être autorisé pour des motifs tenant à l’intérêt des enfants, et la santé fait partie des motifs à exposer.

Les ressources restent une condition générale, sauf dans les cas de dispense prévus. Aucune condition de ressources n’est exigée pour une personne qui bénéficie de l’allocation aux adultes handicapés ou de l’allocation supplémentaire. Une demande d’allocation en cours n’est pas la même chose que le bénéfice de l’allocation : il convient de vérifier sa situation auprès de la préfecture.

Les ressources sont appréciées sur 12 mois, en tenant compte des ressources du demandeur et de son conjoint. Certaines prestations sont exclues du calcul, tandis que les revenus du travail salarié ou non salarié et les ressources du conjoint sont pris en compte.

Le cas particulier des réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire

Un réfugié ou un bénéficiaire de la protection subsidiaire ne relève pas du regroupement familial de droit commun pour sa famille : il relève de la réunification familiale. Il s’agit d’un régime distinct, sans condition de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement.

Les enfants non mariés du couple qui n’ont pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire peuvent être concernés. Leur âge est apprécié à la date de la demande. Les règles relatives aux enfants d’un seul des deux et aux enfants confiés par une décision étrangère s’appliquent également dans ce cadre.

Lorsque la mère a quitté le pays ou que les enfants sont seuls, il faut donc examiner les documents relatifs à la filiation, à l’autorité parentale et à la situation familiale, sans transposer les conditions du regroupement familial de droit commun. La demande de visa de long séjour est faite au consulat. Notre page consacrée à la réunification familiale des réfugiés présente cette procédure spécifique.

Déposer un dossier clair dès le départ

Pour les enfants d’une première union et les arrivées en plusieurs temps, la clarté du dossier est essentielle. Le demandeur doit expliquer précisément la composition de la famille et la situation de chaque enfant. Un document manquant ou contradictoire peut compliquer l’examen de la demande, en particulier sur la filiation, la garde ou le consentement de l’autre parent.

Le demandeur doit aussi remplir les conditions générales du regroupement familial : séjour régulier en France depuis au moins dix-huit mois sous couvert d’un titre d’au moins un an, ressources stables et suffisantes sauf dispense, logement normal et respect des principes de la République. La préfecture statue dans un délai de six mois à compter du dépôt d’un dossier complet. L’absence de décision dans ce délai vaut rejet.

Les articles votés en 2024 pour modifier certaines conditions du regroupement familial ont été censurés dans leur totalité par le Conseil constitutionnel. Les règles rappelées ici restent donc celles applicables à la date de vérification. Pour le cadre général, consulter la procédure de regroupement familial de A à Z et la fiche officielle de service-public.gouv.fr.

Ce texte est une information générale vérifiée le 2026-11-02 ; il ne remplace pas un conseil juridique. En cas de blocage, la personne peut s’adresser à un point-justice ou à une association d’aide aux étrangers de sa ville.

Questions fréquentes

Peut-on demander le regroupement familial pour l'enfant d'une première union ?

Oui, dans certaines situations. L'enfant mineur d'un seul membre du couple peut être concerné si la filiation n'est établie qu'à l'égard de ce parent, si l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux, ou si l'enfant lui a été confié par une décision d'une juridiction étrangère. Dans ce dernier cas, la copie de la décision et l'autorisation de l'autre parent de laisser l'enfant venir en France sont requises.

Peut-on faire venir un seul enfant et laisser son frère ou sa sœur à l'étranger ?

Le principe est un regroupement familial pour l'ensemble des personnes concernées. Un regroupement partiel peut toutefois être autorisé pour des motifs tenant à l'intérêt des enfants. Les motifs, notamment liés à la santé, à la scolarité ou au logement, doivent être exposés dans la demande.

Quel âge doit avoir l'enfant au moment de la demande ?

L'enfant doit avoir moins de 18 ans. Son âge est apprécié à la date du dépôt de la demande de regroupement familial. Lorsqu'un enfant approche de 18 ans, il est donc important de vérifier sans attendre la date de dépôt et la complétude du dossier.

Une naturalisation permet-elle de reprendre un dossier pour un enfant resté à l'étranger ?

La naturalisation change le régime applicable : le regroupement familial concerne la famille d'un étranger résidant en France. La situation doit être examinée au regard des règles applicables à la famille d'un Français ou, selon les circonstances, à l'enfant d'un Français. Il convient de consulter la page dédiée et de vérifier la situation auprès de la préfecture.

Un réfugié doit-il utiliser le regroupement familial pour ses enfants ?

Le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire relève en principe de la réunification familiale, qui est distincte du regroupement familial. Cette procédure n'est pas soumise à une condition de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. Les enfants non mariés du couple peuvent être concernés s'ils n'ont pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire, l'âge étant apprécié à la date de la demande.