
Autres voies familiales : ce qui n'est pas le regroupement familial
Conjoint de Français, réfugiés, citoyens de l'Union, Algériens, parents, concubins : tableau comparatif des régimes et des règles qui diffèrent.
Vérifié le sur les textes et les sites officiels. Information générale, pas un conseil juridique.
Vérifié le 2 novembre 2026. Cette page est une information générale, pas un conseil juridique.
Quand une famille veut se réunir en France, un mot revient partout : « regroupement familial ». Pourtant, ce mot désigne une procédure précise, réservée à la famille d’un étranger qui vit déjà en France. Beaucoup de situations familiales n’entrent pas dans ce cadre. Elles ont leurs propres règles, leurs propres papiers et leurs propres délais.
Se tromper de régime a un coût réel : un dossier déposé au mauvais endroit, des mois perdus, parfois un refus. Cette page vous aide à reconnaître votre situation. Pour la procédure du regroupement familial elle-même, voyez le guide le regroupement familial de A à Z.
Pourquoi ne faut-il pas mélanger les régimes ?
Le droit français prévoit plusieurs voies pour vivre en famille. Chacune répond à une question différente : qui est la personne que l’on rejoint, et quelle est la nature du lien ?
- Si la personne que vous rejoignez est un étranger résident (carte de séjour, carte de résident), c’est en principe le regroupement familial.
- Si c’est un Français, c’est un autre chapitre du code, avec des conditions différentes.
- Si c’est un réfugié ou un bénéficiaire de la protection subsidiaire, c’est la réunification familiale.
- Si c’est un citoyen de l’Union européenne, un régime distinct s’applique.
- Si c’est un Algérien, l’accord de 1968 prévoit ses propres règles.
Le regroupement familial se fonde sur l’article L434-2 du CESEDA, le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il exige notamment 18 mois de séjour régulier, des ressources et un logement. Ces conditions ne s’appliquent pas partout. Vous pouvez relire l’article sur Légifrance (article L434-2).
Quel est le tableau comparatif des régimes ?
Ce tableau résume les différences principales. Il simplifie : les cas particuliers existent, et la base légale indiquée est celle à relire pour votre situation.
| Régime | Qui peut être rejoint, et par qui | Condition de séjour | Ressources et logement | Procédure | Base légale |
|---|---|---|---|---|---|
| Regroupement familial (droit commun) | Conjoint et enfants mineurs d’un étranger résident | 18 mois de séjour régulier, titre d’au moins un an | Oui : ressources sur 12 mois, surface du logement | Dépôt à l’OFII, décision du préfet, puis visa | CESEDA L434-2 et suivants, R434-1 et suivants |
| Conjoint de Français | Conjoint d’un Français | Aucune durée exigée du conjoint français | Aucune condition dans le texte | Visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) demandé au consulat | CESEDA L423-1, L423-2, L423-6 |
| Réunification familiale | Conjoint, concubin, enfants d’un réfugié ou d’un bénéficiaire de la protection subsidiaire | Aucune durée exigée | Non | Visa de long séjour demandé au consulat, certification par l’OFPRA | CESEDA L561-2, L561-4, L561-5 |
| Famille de citoyen de l’Union européenne | Membres de la famille d’un citoyen de l’Union | Régime distinct | Régime distinct | Régime distinct | Non détaillé ici |
| Ressortissants algériens | Famille d’un Algérien titulaire d’un certificat de résidence | 12 mois | Ressources égales au SMIC, sans palier | Autorisation de regroupement, visa, certificat de résidence | Accord du 27 décembre 1968, article 4 |
| Parents et ascendants | Parents d’un résident | Hors regroupement familial | Sans objet | Pas de procédure de regroupement | CESEDA L434-2 à L434-4 (ne les visent pas) |
| Concubins et pacsés | Partenaire non marié | Non visés par L434-2 | Sans objet | Autres voies à étudier | CESEDA L434-2 |
| Regroupement sur place | Conjoint et enfants mineurs déjà présents en France | Conditions de L434-7 | Oui | Demande à l’OFII depuis la France | CESEDA R434-6 |
Vous retrouverez chaque ligne développée plus bas ; la dernière ligne est détaillée dans l’article sur le regroupement familial « sur place ». Pour déposer une demande de regroupement familial, les pièces et les étapes sont détaillées dans le guide pour déposer la demande.
Le conjoint de Français relève-t-il du regroupement familial ?
Non. C’est l’erreur la plus courante. Le regroupement familial concerne la famille d’un étranger. Le conjoint d’un Français relève du chapitre « vie privée et familiale » du CESEDA, à partir de l’article L423-1.
Quelles sont les conditions du séjour pour le conjoint d’un Français ?
L’article L423-1 prévoit une carte de séjour temporaire d’un an « vie privée et familiale » lorsque trois conditions sont réunies :
- la communauté de vie n’a pas cessé depuis le mariage ;
- le conjoint a conservé la nationalité française ;
- lorsque le mariage a été célébré à l’étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l’état civil français.
Le texte ne fixe ni durée de séjour minimale, ni seuil de ressources, ni surface de logement. C’est une différence majeure avec le regroupement familial. Vous pouvez lire la règle sur Légifrance (article L423-1).
Et si le mariage a eu lieu en France ?
L’article L423-2 traite le cas de la personne entrée régulièrement en France et mariée sur place. Elle doit justifier d’une vie commune effective de six mois en France. Dans ce cas, la condition de visa de long séjour ne lui est pas opposable.
Comment demander le visa depuis l’étranger ?
Le conjoint étranger qui vit à l’étranger demande un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) auprès du consulat, dans la catégorie « conjoint de Français ». Selon la fiche officielle de service-public sur ce sujet, il doit ensuite valider son visa dans les trois mois qui suivent son arrivée en France, avec une taxe. La fiche est la page service-public sur le visa de conjoint de Français.
Qu’est-ce que la transcription du mariage ?
Un mariage célébré à l’étranger doit être transcrit sur les registres de l’état civil français. Selon la fiche officielle, cette transcription se fait auprès du service central d’état civil de Nantes. Nous n’avons pas de délai officiel à vous donner : ne comptez pas sur un chiffre entendu dans un échange entre particuliers.
Et plus tard : quel titre après la première année ?
L’article L423-6 prévoit une carte de résident de dix ans pour la personne mariée depuis au moins trois ans, avec trois ans de séjour régulier, une communauté de vie, la nationalité française conservée et la transcription du mariage. Elle est aussi soumise à l’intégration républicaine.
Vous cherchez plus de détails sur ces démarches ? Les premiers mois en France et le titre de séjour demandent leur propre préparation, présentée dans le visa et l’arrivée en France.

Les réfugiés ont-ils droit au regroupement familial ?
Non : ils relèvent d’un régime plus favorable, la réunification familiale. Elle concerne les personnes qui ont obtenu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire.
Qui peut rejoindre un réfugié ?
L’article L561-2 du CESEDA permet à la famille de rejoindre le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire, sauf menace à l’ordre public :
- son conjoint ou partenaire d’union civile, âgé d’au moins 18 ans, si le mariage est antérieur à la demande d’asile ;
- son concubin, si la vie commune était stable et continue avant la demande d’asile ;
- les enfants non mariés du couple, jusqu’à leur dix-neuvième anniversaire.
Si le réfugié est lui-même mineur et non marié, ses ascendants directs au premier degré peuvent le rejoindre. L’âge des enfants est apprécié à la date de la demande. Voir Légifrance (article L561-2).
Faut-il des ressources et un logement ?
Non. L’article L561-4 dit que la réunification familiale n’est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. C’est la différence centrale avec le regroupement familial. Le texte précise aussi que certaines règles s’appliquent quand même, comme celles sur la filiation et sur la polygamie. Texte sur Légifrance (article L561-4).
Comment se déroule la procédure ?
La demande de visa de long séjour est faite auprès du consulat. Le consulat enregistre la demande et délivre une attestation de dépôt. L’OFPRA certifie la situation de famille. À défaut d’actes d’état civil, la possession d’état et les documents établis par l’OFPRA peuvent servir.
Une fiche officielle de la direction générale des étrangers en France, datée d’avril 2024, rappelle deux points. Les membres de la famille doivent avoir été déclarés à l’OFPRA au moment de la demande de protection. Et aucun courrier préalable au bureau des familles de réfugiés n’est nécessaire.
Que se passe-t-il pour une union formée après la demande d’asile ?
Cette même fiche indique que les unions postérieures à la demande de protection relèvent du regroupement familial de droit commun, auprès de l’OFII. Cela peut répondre à la question posée sur l’ancien forum en 2014 par un étudiant qui épousait une réfugiée : la date du mariage par rapport à la demande d’asile compte. Pour les situations concrètes, un point-justice ou une association d’aide aux étrangers peut vérifier votre cas.
Pour aller plus loin, la réunification familiale mérite un guide dédié.
Pour ne pas vous tromper, relisez le guide des conditions de ressources et de logement : il vous montre ce que le regroupement familial demande, et donc ce que ces autres voies ne demandent pas.
Et la famille d’un citoyen de l’Union européenne ?
Elle relève d’un régime distinct, avec ses propres règles de séjour. Ces règles ne sont pas celles du regroupement familial, et nous ne les détaillons pas sur cette page : nos sources officielles actuelles ne couvrent pas ce régime. Si vous êtes dans cette situation, ne vous appuyez pas sur les conditions de ressources ou de logement du regroupement familial. Elles ne s’appliquent pas de la même manière. Rapprochez-vous de la préfecture de votre lieu de résidence ou d’un point-justice.
Les ressortissants algériens ont-ils des règles à part ?
Oui. Le séjour des Algériens est régi par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié par plusieurs avenants. Pour la famille, l’article 4 de l’accord prévoit un régime proche du regroupement familial, avec des différences utiles à connaître.
| Point | Droit commun (CESEDA) | Accord franco-algérien |
|---|---|---|
| Séjour préalable du regroupant | 18 mois | 12 mois |
| Ressources | Moyenne du SMIC sur 12 mois, avec majoration à 110 % ou 120 % selon la taille de la famille | Au moins égales au SMIC, sans palier |
| Titre du membre de la famille | Carte de séjour ou carte de résident | Certificat de résidence de même durée que celui du regroupant |
| Autres exigences | Visite médicale OFII | Certificat médical établi par un médecin agréé par le consulat ; la fiche service-public F2215 mentionne aussi une visite médicale de l’OFII pour le premier certificat de résidence |
Que dit l’accord sur les ressources ?
L’accord exige des ressources équivalant au moins au salaire minimum légal. Un refus est impossible si elles sont égales ou supérieures au SMIC. Contrairement au droit commun, il n’y a pas de majoration selon la taille de la famille. Les prestations familiales sont exclues du calcul. En cas de décision défavorable, les voies de contestation sont présentées dans les refus et les recours.
Peut-on se fier au texte tel qu’il est cité ici ?
Prudence. Cette page s’appuie sur le troisième avenant, signé le 11 juillet 2001, publié par le décret du 20 décembre 2002 sur Légifrance. Les modifications éventuelles de l’accord postérieures à cet avenant n’ont pas été vérifiées pour cette page. Avant toute démarche, vérifiez le texte en vigueur et, pour le premier certificat de résidence obtenu par regroupement familial, consultez la fiche service-public sur le certificat de résidence algérien. Cette fiche portait au moment de notre lecture la mention « en cours de mise à jour ».
Et le conjoint algérien d’un Français ?
L’accord prévoit un régime à part, avec des durées qui diffèrent du droit commun. Par exemple, pour le certificat de résidence de dix ans, l’accord évoque un mariage d’au moins un an avec un ressortissant français, alors que le droit commun demande trois ans (article L423-6). Pour les autres détails, consultez le texte officiel avant toute démarche.
Le regroupement familial des Algériens mérite un examen détaillé du texte en vigueur.
Les parents peuvent-ils venir par le regroupement familial ?
Non. Les articles L434-2 à L434-4 visent le conjoint et les enfants. Les ascendants n’y figurent pas. La fiche officielle de service-public sur le regroupement familial indique que les ascendants sont exclus.
Un visa de visite change-t-il quelque chose ?
Un visa de court séjour, souvent appelé visa touristique, permet de rendre visite à sa famille pour une durée limitée. Ce n’est pas un droit de séjour durable. Il ne donne aucun droit de s’installer en France et ne remplace pas une autorisation de séjour de long terme. Sa délivrance dépend de l’appréciation du consulat. Pour savoir quelle autre voie pourrait exister selon votre âge, votre nationalité et vos liens avec la France, adressez-vous à un point-justice ou à une association d’aide aux étrangers.

À noter : le réfugié mineur non marié peut être rejoint par ses ascendants directs au premier degré. C’est un cas précis, dans le régime de la réunification familiale décrit plus haut.
Faire venir ses parents avec un visa touristique a ses limites : le visa de visite ne règle pas la question du séjour durable.
Un parent d’enfant français peut-il obtenir un titre de séjour ?
Une possibilité existe pour certains parents d’un enfant français, et notre article sur le titre de séjour du parent d’enfant français en présente ce que les textes officiels lus permettent d’affirmer. Sur cette page, nous ne donnons aucune condition, aucun délai et aucun nom de carte. Une question posée sur l’ancien forum en 2020 portait justement sur ce cas : une mère dont l’enfant était devenu français voulait savoir si elle pouvait obtenir une carte de résident. Ce témoignage ne vaut ni règle ni délai officiel.
Que faire en pratique ? Vérifiez auprès de la préfecture de votre lieu de résidence quelle carte existe pour votre situation et quelles pièces elle demande. Gardez les preuves de la filiation et, si besoin, celles de la participation à l’éducation de l’enfant.
Les concubins et les pacsés peuvent-ils demander le regroupement familial ?
Le regroupement familial est ouvert au conjoint et aux enfants (article L434-2). Les concubins et les partenaires de PACS ne sont pas visés par ce texte.
Il y a toutefois deux nuances à ne pas oublier :
- dans la réunification familiale des réfugiés, le texte prévoit un concubin, à condition d’une vie commune stable et continue avant la demande d’asile ;
- le même texte évoque le partenaire d’union civile.
Une personne qui vit avec un résident installé depuis longtemps et qui est entrée avec un visa touristique, comme dans une question posée sur l’ancien forum en 2016, doit se demander d’abord si le mariage est envisageable, puis quelle voie de séjour correspond à sa situation. Un simple visa de court séjour ne permet pas de basculer automatiquement vers un autre titre. Là encore, la préfecture ou une association d’aide aux étrangers saura dire quelles démarches sont possibles dans votre cas précis.
Qu’est-ce que le regroupement familial « sur place » ?
Notre article sur le regroupement familial « sur place » détaille cette voie. Il s’agit d’une demande faite par un étranger résident pour son conjoint et ses enfants de moins de 18 ans qui se trouvent déjà en France. L’article R434-6 du CESEDA le permet, dans les conditions de l’article L434-7. Selon la fiche officielle de service-public sur ce sujet, le mariage doit avoir été célébré en France.
Ce n’est pas une voie à part au sens strict : ce sont les mêmes conditions de ressources et de logement qui s’appliquent. Seule la situation du demandeur diffère, puisque la famille est déjà présente. Voir la fiche service-public sur le regroupement familial sur place.
Comment savoir quelle voie correspond à ma situation ?
Posez-vous ces questions, dans cet ordre.
- Qui est la personne que je rejoins ? Un Français, un réfugié, un citoyen de l’Union, un Algérien, un autre étranger résident ?
- Quel est le lien ? Mariage, enfant, concubinage, parent ?
- Où suis-je ? Dans mon pays d’origine, ou déjà en France ?
- Quel est mon titre de séjour actuel, et celui de la personne que je rejoins ?
- Quand le mariage a-t-il eu lieu, et dans quel pays ? Pour un réfugié, la date par rapport à la demande d’asile est décisive.
Pourquoi cette distinction compte-t-elle autant ?
Parce que les conditions ne sont pas interchangeables. Un exemple simple : pour une famille de quatre personnes, le regroupement familial exige, selon l’article R434-4, des ressources égales à la moyenne mensuelle du SMIC sur 12 mois, majorée d’un dixième. Pour le conjoint d’un Français, le texte de L423-1 n’impose aucun seuil. Pour la famille d’un réfugié, L561-4 n’impose aucun seuil non plus.
Autre exemple : le regroupement familial se dépose à l’OFII, tandis que la réunification familiale et le visa de conjoint de Français se demandent au consulat.
Enfin, certaines règles sont communes. Les actes d’état civil étrangers sont vérifiés selon l’article 47 du Code civil, quelle que soit la voie. La polygamie reste exclue du regroupement familial et de la réunification familiale. Un acte douteux peut allonger les délais, quelle que soit la voie choisie.
Et si vous venez d’un site de rencontre ?
Beaucoup de familles internationales commencent par une rencontre à distance, puis un mariage. Dans ce cas, c’est en général la voie « conjoint de Français » ou, si la personne rejointe est étrangère, le regroupement familial qui s’applique. Les deux se préparent bien en amont. Rassemblez les actes d’état civil, vérifiez les règles de transcription du mariage et gardez les preuves de la vie commune. Cette page reste volontairement une porte d’entrée : elle vous aide à choisir la bonne voie, et les guides détaillés vous accompagnent ensuite.
Pour comprendre notre méthode de travail et nos sources, lisez la page sur la méthode. Pour nous écrire, utilisez la page de contact.
Les points à retenir
- Le regroupement familial concerne la famille d’un étranger résident ; il demande 18 mois de séjour, des ressources et un logement.
- Le conjoint de Français relève de L423-1 : pas de seuil de ressources ni de logement dans le texte, mais communauté de vie, nationalité conservée et transcription du mariage.
- La réunification familiale des réfugiés n’exige ni durée de séjour, ni ressources, ni logement.
- Les Algériens relèvent de l’accord de 1968 ; ses modifications récentes n’ont pas été vérifiées ici.
- Les parents ne sont pas visés par le regroupement familial.
- Les concubins et pacsés ne sont pas visés par L434-2.
- Un doute sur votre régime ? Un point-justice ou une association d’aide aux étrangers peut vous aider à le trancher ; la préfecture reste l’interlocuteur pour les titres de séjour.
Questions fréquentes
Le conjoint d'un Français doit-il passer par le regroupement familial ?
Non. Le conjoint d'un Français relève d'un autre régime, celui de la carte « vie privée et familiale » (article L423-1 du CESEDA). La loi n'y fixe ni durée de séjour minimale du conjoint français, ni condition de ressources, ni condition de logement. Les conditions portent sur le mariage : communauté de vie, nationalité française conservée et, pour un mariage à l'étranger, transcription préalable.
Un réfugié doit-il justifier de ressources et d'un logement pour faire venir sa famille ?
Non. La réunification familiale n'est soumise à aucune condition de durée de séjour, de ressources ou de logement (article L561-4 du CESEDA). Elle concerne le conjoint dont le mariage est antérieur à la demande d'asile, le concubin sous conditions et les enfants non mariés jusqu'à leur dix-neuvième anniversaire. La demande de visa se fait auprès du consulat.
Les parents d'un résident peuvent-ils bénéficier du regroupement familial ?
Non. Les articles qui définissent les bénéficiaires visent le conjoint et les enfants, pas les ascendants. La fiche de service-public sur le regroupement familial indique que les ascendants sont exclus. Un visa de court séjour permet de rendre visite à ses parents, mais il ne donne pas un droit de s'installer en France.
Un couple pacsé ou en concubinage peut-il demander le regroupement familial ?
Le texte de base du regroupement familial (article L434-2 du CESEDA) vise le conjoint, c'est-à-dire la personne mariée. Les concubins et les partenaires de PACS n'y sont pas mentionnés. Le concubin n'apparaît que dans la réunification familiale des réfugiés, avec une vie commune stable et continue avant la demande d'asile.
Les Algériens relèvent-ils des mêmes règles que les autres étrangers ?
Pas tout à fait. L'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 prévoit son propre régime : un séjour d'au moins 12 mois au lieu de 18, des ressources égales au SMIC sans majoration selon la taille de la famille, et un certificat de résidence à la place de la carte de séjour. Les modifications de l'accord postérieures à 2001 n'ont pas été vérifiées pour cette page.