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Regroupement familial
Une mère et ses deux enfants patientent sur des chaises dans une salle d'attente claire, la fillette tenant une peluche

Protection temporaire des Ukrainiens : faire venir sa famille

Protection temporaire jusqu'au 4 mars 2028 : qui est couvert, quelle famille, quelles démarches en France, et ce qui relève plutôt du regroupement familial.

Vérifié le sur les textes et les sites officiels. Information générale, pas un conseil juridique.

  1. Dépôt (étape traitée sur cette page)Le dossier est déposé et reçu.
  2. 2Instruction et OFIIRessources, logement, visite.
  3. 3DécisionAccord ou refus du préfet.
  4. 4VisaLe visa long séjour au consulat.
  5. 5ArrivéeTitre de séjour et premiers mois.

Depuis le 3 mars 2022, les ressortissants ukrainiens déplacés bénéficient en France de la « protection temporaire », un dispositif européen qui ne ressemble ni à l’asile ni au regroupement familial, et qui court jusqu’au 4 mars 2028. La décision européenne couvre le conjoint, les enfants mineurs célibataires et certains parents proches à charge, à condition que la famille ait déjà été présente en Ukraine avant le 24 février 2022 ; pour un proche arrivé ensuite, ce texte seul ne règle pas la question. Quand on demande comment « faire venir sa famille », on mélange souvent plusieurs situations : une famille déjà couverte par la décision européenne, une famille restée en Ukraine, un conjoint de nationalité différente, un enfant qui voyage seul. Les règles ne sont pas les mêmes.

Cette page sépare ces situations, et renvoie au guide général du regroupement familial pour la procédure de droit commun. Elle s’appuie sur les textes de l’Union européenne publiés au Journal officiel, sur la fiche de la préfecture de police et sur les fiches de service-public.gouv.fr, lus le 2 novembre 2026. Elle dit aussi, sans détour, ce que nous n’avons pas pu vérifier. Elle ne prend aucune position politique : elle rapporte des textes.

Information générale, pas un conseil juridique. Pour votre dossier, rapprochez-vous de votre préfecture ou d’une association d’aide aux personnes déplacées.

La protection temporaire : ce qu’elle est, jusqu’à quand

La protection temporaire est née de la décision d’exécution (UE) 2022/382 du 4 mars 2022. Sa durée initiale était d’un an, jusqu’au 4 mars 2023, puis elle a été prorogée à plusieurs reprises, par des décisions successives que le Journal officiel de l’Union européenne énumère dans les considérants de la dernière : jusqu’au 4 mars 2024, puis 2025, puis 2026, puis 2027.

La prorogation en vigueur à la date de cette page est la décision d’exécution (UE) 2026/1912 du 30 juillet 2026, publiée au Journal officiel le 4 août 2026. Son article 1er prévoit que la protection temporaire « est prorogée pour une nouvelle période d’un an, jusqu’au 4 mars 2028 ». La fiche service-public F299 le confirme. Attention, une page de la Commission européenne que nous avons consultée affichait encore « mars 2027 » : elle est en retard sur le Journal officiel, et nous ne la reprenons pas.

À retenir : la protection est temporaire par nature. Elle n’est pas un statut définitif, et le texte de 2026 évoque lui-même la préparation d’une sortie progressive du dispositif, dont nous n’avons pas pu lire les modalités (une recommandation du Conseil de septembre 2025 est citée dans les considérants, mais son texte n’a pas été lu). Nous ne vous donnerons donc pas de prévision sur l’après-mars 2028.

Qui est couvert, et quelle famille

L’article 2 de la décision 2022/382 définit trois groupes de personnes : les ressortissants ukrainiens résidant en Ukraine avant le 24 février 2022 ; les apatrides et ressortissants de pays tiers qui bénéficiaient en Ukraine d’une protection internationale ou équivalente ; et leurs membres de famille.

Pour les membres de famille, le paragraphe 4 de ce même article cite :

  • le conjoint, ou le partenaire non marié engagé dans une relation stable ;
  • les enfants mineurs célibataires, qu’ils soient légitimes, nés hors mariage ou adoptés ;
  • d’autres parents proches qui vivaient au sein de l’unité familiale et qui étaient entièrement ou principalement à la charge de la personne.

La condition de fond est que la famille ait déjà été présente et ait résidé en Ukraine avant le 24 février 2022. C’est la définition de la décision. Elle ne dit pas qu’une famille « recomposée » depuis a droit au même traitement. Une personne dont le conjoint, ou l’enfant, ne remplit pas cette condition de présence antérieure doit examiner les autres voies décrites plus bas.

Ce que nous n’avons pas pu lire : les règles de la directive 2001/55/CE sur le regroupement des familles dispersées entre plusieurs États membres. La Commission indique que cette directive prévoit des possibilités de regroupement « dans certaines circonstances », mais nous n’avons pas pu consulter le texte de la directive lui-même. Pour une famille dont certains membres sont dans un autre pays de l’Union, ne vous fiez pas à un résumé : demandez à la préfecture ou à une association.

Quatre situations types, pour vous repérer

Les situations ci-dessous sont des schémas, pas des histoires de personnes réelles. Elles servent à montrer quelle question se pose en premier.

Une femme aide une jeune femme à remplir un formulaire à une table, dans une salle claire
Des associations accompagnent les familles dans leurs démarches administratives à l'arrivée.

Un enfant mineur rejoint sa mère déjà protégée en France. La première question est celle de la présence familiale antérieure : l’enfant vivait-il avec elle en Ukraine avant le 24 février 2022 ? Si oui, il entre dans la définition de la décision (enfant mineur célibataire). La preuve passe par des documents de résidence et de filiation : actes d’état civil, certificats de scolarité, documents d’identité. Le détail des actes ukrainiens est traité dans notre article sur les actes d’état civil et l’apostille.

Un conjoint arrive après la mère de famille. Si le mariage est antérieur à la date du 24 février 2022 et si le couple vivait en Ukraine, le conjoint entre dans la définition. Si le mariage est postérieur, la condition de présence familiale antérieure ne semble pas remplie, et nous n’avons lu aucun texte qui dise le contraire : les voies de droit commun du CESEDA, avec leurs conditions propres, sont alors à examiner, après confirmation auprès de la préfecture.

Un parent âgé, à la charge de son enfant. La décision cite les autres parents proches vivant dans l’unité familiale et à la charge de la personne « entièrement ou principalement ». Le critère de charge est factuel. Sur ce point, nous n’avons pas lu de doctrine administrative française qui précise les pièces attendues : renseignez-vous auprès de la préfecture.

Un adulte qui a quitté l’Ukraine après le début du conflit et dont l’âge ou la situation militaire pose question. C’est là que la condition de l’article 2 de la décision 2026/1912 peut intervenir, selon la date de la demande. Une personne qui bénéficie déjà de la protection au 30 juillet 2026 et la conserve sans interruption n’est pas visée par la nouvelle condition. Pour une personne qui n’a jamais été protégée, la date de la demande est un élément à vérifier auprès de la préfecture.

Dans les quatre cas, retenez un point : la décision européenne décrit qui est couvert, pas comment les préfectures traitent chaque dossier. Ce deuxième aspect varie d’un guichet à l’autre, et vous ne devez rien affirmer à l’administration que vous ne puissiez pas sourcer.

Une condition nouvelle depuis le 31 juillet 2026 : les obligations militaires

L’article 2 de la décision 2026/1912 ajoute, pour les nouveaux demandeurs, une condition : la protection temporaire « n’est accordée qu’aux personnes qui sont en règle avec leurs obligations militaires en Ukraine, sur présentation, le cas échéant, d’une preuve en ce sens ». L’article 3 fixe l’application de cet article 2 à compter du 31 juillet 2026.

Deux précisions du texte comptent. D’abord, cette condition ne s’applique pas aux personnes qui bénéficient déjà de la protection temporaire à la date du 30 juillet 2026 et qui la conservent sans interruption. Ensuite, elle vise les nouvelles décisions d’octroi. Nous n’avons pas de lecture officielle française qui détaille les pièces demandées par les préfectures à ce titre. Si la question vous concerne, interrogez directement la préfecture avant de déposer.

En France : l’autorisation provisoire de séjour

En France, la protection temporaire se traduit par une autorisation provisoire de séjour (APS) « protection temporaire ». La préfecture de police de Paris détaille, dans une actualité publiée le 4 février 2026, les conditions de renouvellement :

  • pour bénéficier de l’APS, il faut avoir établi sa résidence habituelle en Ukraine avant le début du conflit, et la préfecture demande des preuves de cette résidence et de la sortie du territoire ukrainien après le 24 février 2022 ;
  • le renouvellement se demande entre trois semaines et trois jours avant l’échéance ;
  • à partir du deuxième renouvellement, un timbre fiscal de 100 euros est perçu, pour les demandes à compter du 1er mai 2026.

Cette actualité émane de la préfecture de police, compétente pour Paris. D’autres préfectures peuvent avoir leurs propres consignes pratiques ; la règle de fond vient de la décision européenne. Nous n’avons pas pu lire de page officielle indiquant la durée de l’APS : ne vous fiez pas à un chiffre lu ailleurs sans le vérifier sur le récépissé ou l’attestation que vous détenez. Cette protection temporaire ne vaut pas statut de réfugié : la famille d’un réfugié relève d’un autre régime, présenté dans notre guide sur la réunification familiale des réfugiés.

Ce que permet l’APS, et ce que nous ne savons pas

La fiche service-public F2728 précise que cette APS permet de travailler et que l’employeur est dispensé de demander une autorisation de travail. La fiche F33314 indique que les bénéficiaires de la protection temporaire peuvent également avoir droit à l’allocation pour demandeur d’asile, sous conditions. Pour un panorama des types de visas et de séjours ouverts aux Ukrainiens en France, on peut lire un guide sur les visas et les séjours des Ukrainiens en France.

Une adolescente et sa mère marchent côte à côte dans une rue calme de petite ville, un sac de courses à la main
Reprendre une vie quotidienne passe par des gestes simples, comme faire les courses dans le quartier.

Pour la scolarité des enfants, une page du ministère de l’Éducation nationale rappelle que l’instruction est obligatoire de 3 à 16 ans, que l’école est un droit pour tous les enfants, français ou étrangers, qui vivent ou arrivent en France, et que des dispositifs d’accueil (les unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants) permettent d’être inscrit dans une classe ordinaire avec un enseignement renforcé en français. Pour l’accès aux soins, la réponse figure dans une foire aux questions du ministère de l’Intérieur dont le contenu était replié lors de notre lecture : nous ne la reproduisons pas. Si votre enfant arrive, lisez aussi notre article sur la scolarisation et les droits sociaux à l’arrivée.

Votre famille n’est pas couverte : les autres voies

C’est le point où les situations divergent. Voici un tableau pour s’y retrouver.

Situation Procédure à examiner Où en savoir plus
Votre famille était présente en Ukraine avant le 24 février 2022 et vous rejoint membres de famille couverts par la définition de l’article 2 de la décision 2022/382 (modalités d’entrée et de séjour à confirmer auprès de la préfecture) cette page
Vous êtes marié à un Français ou une Française visa de long séjour « conjoint de Français » ou titre de séjour de droit commun visa de conjoint ukrainien ou russe
Vous séjournez en France avec un titre de séjour de droit commun d’au moins un an depuis dix-huit mois regroupement familial (L434-2) le guide de la procédure
Vous êtes réfugié ou protégé subsidiaire réunification familiale réunification familiale des réfugiés

Deux de ces lignes méritent des explications.

La sortie vers un titre de droit commun. La préfecture de police précise : « Vous pouvez dès à présent demander un titre de séjour, sans avoir besoin d’un visa long séjour préalable », en suivant les procédures de droit commun. La fiche renvoie à la liste des titres de séjour de service-public. Pour un Ukrainien qui a épousé un Français pendant sa protection, le principe de la dispense de visa est donc établi par cette source ; les conditions propres à la carte « conjoint de Français » (durée de la vie commune, transcription du mariage) sont celles du CESEDA. Nous ne les mélangeons pas avec la protection temporaire.

Le regroupement familial. Il s’adresse à celui qui séjourne en France depuis au moins dix-huit mois sous un titre d’au moins un an (L434-2). La fiche service-public sur le regroupement familial indique que l’autorisation provisoire de séjour et les récépissés figurent parmi les titres admis pour décompter les dix-huit mois. Mais cela ne dit pas qu’un titulaire d’une APS « protection temporaire » remplit à lui seul la condition de titre d’au moins un an. Nous n’avons pas de source qui tranche cette question : demandez-la par écrit à la préfecture avant de bâtir un dossier. Pour les dossiers de regroupement des ressortissants russes ou ukrainiens titulaires d’une carte de séjour, notre article dédié détaille la procédure pas à pas.

Ne pas confondre protection temporaire et asile

La fiche F299 rappelle que la demande d’asile ne ferme pas la porte : le bénéficiaire de la protection temporaire qui demande l’asile reste soumis au régime de la protection temporaire pendant l’instruction de sa demande, et conserve cette protection aussi longtemps qu’elle demeure en vigueur, même en cas de refus. L’OFPRA n’est compétent que pour le statut de réfugié et la protection subsidiaire, pas pour la protection temporaire.

Cette distinction compte pour votre famille : si vous obtenez un jour le statut de réfugié, vos proches relèveront de la réunification familiale, avec ses règles propres (mariage antérieur à la demande d’asile, notamment).

Les erreurs à éviter

  1. Confondre « famille couverte » et « famille qui peut venir ». La décision définit les bénéficiaires ; elle ne règle pas à elle seule le voyage ni l’entrée en France de chaque personne.
  2. Lire une page européenne périmée. Une date de fin « mars 2027 » est dépassée : la référence est le Journal officiel de l’Union.
  3. Supposer que l’APS suffit pour le regroupement familial. Aucun texte lu ne le dit.
  4. Garder des preuves en vrac. La préfecture demande des preuves de résidence habituelle en Ukraine avant le conflit : constituez un dossier daté avant la date de renouvellement.
  5. Oublier le renouvellement. La fenêtre est étroite (entre trois semaines et trois jours avant l’échéance).

Notre avis

Le dispositif a la réputation d’être simple, et il l’est pour la personne déplacée elle-même. Il l’est beaucoup moins pour la famille élargie, parce que la décision européenne pose une condition de présence antérieure en Ukraine, et parce que la règle a changé en 2026 pour les nouveaux demandeurs. Notre conseil : avant toute démarche pour un proche, écrivez la liste des personnes concernées, leur lien (conjoint, enfant mineur, parent à charge), leur présence en Ukraine avant le 24 février 2022 et leur situation militaire. Cette liste de cinq lignes vous évitera plusieurs allers-retours.

Pour aller plus loin, consultez la fiche service-public sur la protection temporaire et la décision d’exécution (UE) 2026/1912 sur EUR-Lex. Retrouvez l’ensemble des situations dans le pilier Familles russes et ukrainiennes. Texte vérifié le 2 novembre 2026, information générale.

La rédaction

Questions fréquentes

Jusqu'à quand la protection temporaire est-elle prorogée ?

Jusqu'au 4 mars 2028. La décision d'exécution (UE) 2026/1912 du 30 juillet 2026 proroge la protection temporaire « pour une nouvelle période d'un an, jusqu'au 4 mars 2028 ».

Quelle famille la décision européenne couvre-t-elle ?

Selon l'article 2 de la décision d'exécution (UE) 2022/382, le conjoint ou le partenaire non marié engagé dans une relation stable, les enfants mineurs célibataires et d'autres parents proches vivant au sein de l'unité familiale et à la charge de la personne, à condition que la famille ait déjà été présente en Ukraine avant le 24 février 2022.

Faut-il être en règle avec ses obligations militaires ?

À compter du 31 juillet 2026, la décision 2026/1912 prévoit que la protection n'est accordée qu'aux personnes en règle avec leurs obligations militaires en Ukraine, sur présentation d'une preuve le cas échéant. Cela ne s'applique pas aux personnes qui bénéficient déjà de la protection au 30 juillet 2026 et la conservent sans interruption.

L'autorisation provisoire de séjour permet-elle de travailler ?

Oui. D'après la fiche service-public F2728, cette autorisation permet de travailler, et l'employeur est dispensé de demander une autorisation de travail.

La protection temporaire est-elle du regroupement familial ?

Non. La protection temporaire est un dispositif européen distinct, avec une autorisation provisoire de séjour. Le regroupement familial, la réunification familiale des réfugiés et le visa de conjoint de Français sont trois autres procédures.